—Ces pauvres feuilles murmura Marc, ressemblent à nos illusions tombées…
—Penser, dit Alice, que nous allons nous séparer, et peut-être ne plus nous revoir jamais! Oh! c'est à en devenir folle!
Elle eut comme un de ces éblouissements qui précèdent les défaillances et chancela.
Lui étendit les bras pour l'empêcher de tomber.
Mais, par un grand effort de volonté, elle surmonta aussitôt cette faiblesse. Cependant il passait d'étranges idées dans sa tête en feu. Il lui venait des envies de se jeter dans les bras de Marc et de lui dire:—"Je suis ta fiancée, emmène-moi, je serai ta femme".
C'était comme un affolement. Elle sentit que son courage s'en allait et qu'il lui fallait brusquer leur séparation.
—Écoutez, Marc! s'écria-t-elle en s'arrêtant au bout de la rue Sainte-Anne qui, à cette époque, finissait là. Il faut, après tout, avoir foi en Dieu! Promettons-nous mutuellement, quoi qu'il arrive, de nous aimer fidèlement et toujours.
Marc refoula un sanglot qui lui déchirait la gorge et dit avec véhémence:
—Alice: au nom de Dieu qui m'entend, je vous le jure!
Et puis il saisit la main qu'elle lui abandonnait, et la couvrit d'un baiser brûlant. Alice, levant au ciel ses beaux yeux pleins de larmes, s'écria: