—Eh bien! moi aussi, Marc, je te le jure, au nom sacré de la Vierge. Je ne serai jamais qu'à toi seul!
Alice dégagea ses mains d'entre celles du jeun homme et le quitta brusquement.
Après avoir fait trois pas en avant, par un mouvement prompt comme la pensée elle revint à Marc, lui jeta ses deux bras autour du cou, effleura d'un baiser d'ange la joue de son fiancé, se dégagea de cette rapide étreinte et s'enfuit comme un oiseau.
—Adieu! dit-elle en se retournant de loin vers Marc pour lui faire signe de ne pas la suivre, adieu!
Evrard paralysé, regarda le jeune fille gagner en courant sa demeure. Il la vit se soulever sur le seuil, lui faire un dernier signe de la main et disparaître dans l'enfoncement de la porte.
Il resta plusieurs minutes, les yeux fixés sur l'endroit où Alice avait disparue, comme s'il eût dû la revoir encore, Enfin passant sa main sur son front d'où perlait une sueur glacée, il murmura:
—C'est fini!
Il remonta la rue et reprit le chemin de la basse ville. Mais il ne marchait pas bien vite; ses jambes pliaient sous lui presque à chaque pas.
Arrivé à sa demeure, il aperçut deux soldats que se tenaient debout devant la porte. En l'un d'eux il reconnut l'ordonnance que, la veille lui avait apporté le message du gouverneur.
—Vous venez m'arrêter? lui demanda Evrard du ton le plus indifférent.