—Arrêtez donc! messieurs, arrêtez donc!
Et une troisième voix, forte et rude:
—Arrêtez! lâches que vous êtes! Et puis avec un immense éclat de rire:—Ventre de chien! les beaux soldats!
Les trois hommes qui venaient de prononcer ces paroles restaient seuls en face des canons et des mousquets braqués sur eux de la ville.
Les assiégés qui se montraient maintenant sur le rempart les virent leur lancer des gestes de défi. Même l'un des trois, celui-ci était un soldat de haute stature, déchargea son fusil vers la ville.
Vingt mousquetades lui répondent.
Les trois braves retraitèrent gravement au pas, tout comme des flâneurs qui prennent plaisir à essuyer une rafraîchissante averse d'été, malgré la pluie de balles qui les effleurait avec de sinistres sifflements.
Un instant ils se retournèrent tous trois dans un commun ensemble et jetèrent aux assiégés un dernier cri de défi, avant de rentrer dans les ténèbres.
C'est à l'occasion de cette panique des Bostonnais que quelque Canadien facétieux composa cette chanson:
Les premiers coups que je tiris
Sur ces pauvres rebelles,
Cinq cents de leurs amis
Ont perdu la cervelle.