—Fire! boys, fire! leur crie le major Ogden.
—Feu! soldats, feu! répète en français la même voix derrière lui.
Cent coups de fusils partent des rangs des Bostonnais. Mais on a tiré trop précipitamment et les balles crépitent sur la muraille comme la grêle sur les toits.
L'indécision, le désordre se manifestent parmi les assiégeants.
L'une des embrasures du rempart vomit un nuage de feu, et, dominant la voix grêle et stridente de la mousqueterie, une formidable détonation se fait entendre. Le boulet passe en hurlant dans la masse des Bostonnais où il fait une trouée sanglante. Les malédictions, les cris de douleur et de rage retentissent lugubrement dans la nuit.
Un second coup de canon suit aussitôt le premier.
—Steady! steady! crie Ogden de toute la force de ses poumons.
Mais sa voix se perd au milieu des clameurs de ses soldats terrifiés.
Deux autre volées de canon mettent le comble à l'effarement des Bostonnais qui, n'écoutant plus la voix de leurs officiers, se débandent, s'enfuient de toutes parts.
—Stop! by God, you cowards! s'écrie Ogden.