Il poussa un soupir de découragement, et sa pensée changeant aussitôt de cours, il jeta un regard anxieux dans la direction de la rue Sainte-Anne, où s'élevait la demeure de sa chère Alice. Mais les maisons de la rue Saint-Jean s'interposant, il ne pouvait rien voir.

—Si l'un de nos boulets allait tomber sur sa demeure! se dit-il avec un soupir d'angoisse.

Il remarqua pourtant que les assiégés paraissaient si peu craindre les projectiles des Bostonnais que l'on circulait comme d'habitude dans les rues de la ville. [13]

[Note 13: Historique. Voir les mémoires de Sanguinet.]

Il ramena ses regards dans la direction de la porte du palais qui se trouvait un peu sur la gauche. La sentinelle se promenait toujours, raide dans son habit rouge comme sur un champ de parade.

Marc le désigna du doigt à Tranquille

Celui-ci épaula son fusil et tira.

Le factionnaire anglais tourna sur lui-même, étendit les bras, lâcha son arme et tomba.

—Merci, mon Dieu! fit Tranquille en rechargeant son mousquet, merci de m'avoir permis d'en descendre encore un avant de mourir!

Des camarades ont vu tomber la sentinelle. On accourt du corps-de-garde voisin on se précipite vers la muraille pour voir d'où vient le coup.