—Nous sommes trahis! dit d'une voix sépulcrale le pauvre agonisant.
—Je le crois,—dit naïvement Maurice.
—Et mourir! mourir, sans savoir si nous triompherons demain! murmura le malade.
—Au nom de Dieu! donne-toi un peu de calme, mon ami,—dit la jeune femme, avec une voix douce comme une consolation.
—Pauvre Louise! dit l'agonisant.
Et le regard éteint qui tomba sur elle se ralluma un moment et s'éclaira d'un rayon d'amour et de pitié.
Louise, dont le costume et le visage étaient dévastés par la misère et la douleur, conservait encore pourtant ce charme divin que la jeunesse donne à une femme, même dans la mansarde démeublée par la pauvreté.
Une coiffe à dentelles flottantes couvrait ses cheveux d'or fluide, comme un nuage cache des gerbes de rayons.
Un fichu d'indienne se croisait sur son sein avec un relief charmant.
L'exquise perfection de son corps dissimulait l'indigence de sa robe, et la grâce innocente de sa figure faisait oublier la mansarde et le grabat.