Des applaudissements frénétiques accueillirent le jeune héros, qui venait de traverser, sous la garde du ciel, une zone de feu plus terrible que le pont d'Arcole et la Tour Maudite de Ptolémaïs.
Maintenant, des hauteurs de l'histoire, descendons aux détails inconnus.
Lorsque les grandes catastrophes s'accomplissent, il y a autour d'elles bien des scènes subalternes que le narrateur officiel dédaigne de recueillir.
Bien des souffrances intimes, oubliées par les graves historiens, lesquels, de tout temps, ont voué exclusivement leur plume à l'aristocratie des infortunes humaines.
L'orchestre de l'Opéra exécutait l'oeuvre de Haydn, dans ce moment solennel qui commençait pour la France une ère nouvelle.
La musique du maître exprimait les premiers vagissements de la nature, après les ténèbres du chaos.
La lumière sortait de la nuit, l'homme du néant, la vie de la mort.
Un monde était crée au souffle de Dieu.
Entouré de cette mélodie céleste de la Création, Bonaparte préparait son fiat lux et étendait sa main sur le chaos.
C'était le 24 décembre![4]