—C'est impossible! s'écria Georges, lorsque la citoyenne Chatard lui annonça la mise en liberté de Lucrèce, et il courut au cachot pour s'assurer de cette vérité impossible.

Le cachot était vide; il y avait encore sur une table des débris d'un journal, du pain haché en morceaux, et une aiguille avec du fil; pièces de conviction qui, après un rapide examen, révélèrent le secret de l'évasion à la sagacité de Georges Flamant.

La prisonnière s'était ménagé, à coup sûr, des intelligences dans la geôle; il y avait évidence de corruption, crime prévu par une loi de nivôse an 3.

Georges blanchit ses lèvres d'écume à cette découverte.

Le crime ne permet pas aux autres d'être criminels, il est intolérant, et condamnerait volontiers une ville à être vertueuse à perpétuité.

Lucrèce avait trouvé un complice dans la geôle!

Cet excès d'audace révoltait sa raison.

Il était vraiment étrange qu'une femme ne consentît pas à subir toutes les tortures du corps et de l'âme et que, trouvant une porte ouverte, elle ne refusât point d'en franchir le seuil.

Georges Flamant courut aux officines de la police, et dénonça le double crime de Lucrèce et de la geôle à son ami intime et chef de bureau, lequel prit la parole et lui dit:

—Mon cher Georges, vous avez été destitué à neuf heures ce matin. Voilà l'ordonnance signée par le préfet.