Si un entretien s'engageait entre les deux marins, nos amis se trouvaient placés de manière à tout entendre, et jamais leurs oreilles ne s'étaient ouvertes avec une aussi fiévreuse avidité.
Celui des deux débarqués qui avait des allures de capitaine, se mit à considérer avec une attention singulière toutes les variétés d'arbres qui bordaient la rive droite du golfe; on aurait cru voir un botaniste en travail de collection pour quelque Flore indienne.
Cependant la physionomie de cet homme excluait bien vite toute idée de cette nature.
Sa figure, empourprée de soleil, avait toutes les lignes et tous les caractères saillants de l'audace héroïque; ses yeux semblaient s'être allumés au foyer de l'équateur; ses bras nus, son col léonin, son torse bruni et sillonné de muscles, annonçaient un exercice de luttes vigoureuses, tout-à-fait étrangères aux mœurs du botaniste et du savant.
Quel était donc ce mystère maritime, qui venait ainsi se proposer comme une énigme à nos deux jeunes Européens?
Aux premiers mots, ce mystère allait être dévoilé.
Servir son pays.
XXIII.
—Capitaine, j'attends vos ordres, dit l'un des deux marins.
—Il faut envoyer deux hommes en chasse,—dit le capitaine, en langue française, et d'un ton résolu.