Les cailles abondent à Madagascar, comme vous savez, il ne faut qu'une heure pour en tuer cent. Voilà de quoi réparer votre long jeûne, en y ajoutant une couffe de riz benafouli….
—C'est bien, capitaine….
—Attends encore, mon brave Marapi. Vous mettrez à bord autant de noix de cocos que la cale en peut contenir, et vous en donnerez à nos malade du scorbut. Le charpentier viendra choisir dans ce taillis de quoi remplacer les deux vergues qui nous manquent, et le gouvernail qui est avarié. Voilà le plus urgent. Nous ne resterons ici que très-peu de jours, dès que je pourrai me remettre en mer, je doublerai le cap d'Ambre et le cap Saint-Sébastien, pour achever de me ravitailler dans la baie de Nosse, où nous trouverons ce qui nous manque ici.
—Capitaine, dit l'autre marin, me permettez-vous de faire une observation?
—Parle, parle, mon brave Marapi.
—Eh, bien! mon capitaine, je crois que nous pouvons trouver dans les atterrages de Diégo-Suarez tout ce que nous trouverons de l'autre côté de l'île. Nous sommes en septembre, les courants du canal de la Mozambique sont très-dangereux, et je doute fort que la Perle, dans l'état d'avarie où elle se trouve, puisse doubler le cap Saint-Sébastien et entrer dans le canal. Nous risquons de faire côte sur l'île Glorieuse, ou sur l'île Anjouan.
—Très-bien parlé, mon brave Marapi, mais l'œil du maître y voit mieux que l'œil du serviteur, et je persiste dans ma première idée.
—Capitaine, je suis à vos ordres, dit le marin en s'inclinant.
—Voyons, mon brave, quand la Perle pourra-t-elle doubler le cap
Saint-Sébastien?
—Après les moussons.