Le Sourire, de M. Chaffanel, n'est pas lombardo-florentin, ni de Rops, mais le bout d'épaule maigre est bien traité. La Liseuse, de M. Tillier, d'un ton délicieux comme sa Chloé. L'étude de chair brune que M. Quinzac intitule Rêverie ne vaut pas Coquetterie, de Mme Fanny Fleury. M. Plassan montre deux femmes qui s'habillent sans grâce; Mlle Épinette dénude un dos et Mlle Didiez une poitrine, et ce serait là à peu près le déshabillé du Salon si tous les décolletages des portraits ne rentraient pas dans le déshabillé et dans l'impudeur, soit dit nettement aux femmes du monde.

Voici le nu! et c'est au vice, s'il est difficile, plus qu'à la vertu de se sauver. Le Temple de l'Amour de M. Lalire, une série de groupes à tons de pastels dans de l'architecture; le tableau a exactement la précision de ma phrase.

Le Printemps, de M. Feyen-Perrin, une jolie fille point poncive, d'une carnation un peu grosse mais vivante, sur un joli fond de verdure adoucie, là la meilleure nudité avec les poétiques et désirables Baigneuses de M. A. Sevestre, peintre d'un réel talent et le plus suave des nudistes, et les Trois Grâces, d'un beau calme et d'une belle matité, de M. Benner.—Bonne est la couleur de la Baigneuse de M. Hermans.

La femme aux pigeons de M. Zacharie de même que les ébats de M. Bukovac n'ont pas les mérites qu'il faut pour faire accepter la vulgarité des formes. M. Girard expose son modèle. Qu'il en change. Banale la femme nue au bord de l'eau de M. Caucannier.

Après le Bain de M. Mousset, agréable, le croisement des jambes a de la désinvolture, mais les luisants de la peau sont trop rendus.

L'épisode de Dante, de M. Henri Martin, Francesca et Paolo, que je n'ai cité que cursivement dans la peinture poétique, a droit d'être mentionné ici. Le corps et surtout les jambes de Francesca sont peut-être le plus joli morceau de modelé du Salon; et M. Henri Martin, quand il n'aurait que ces qualités de modelé, promettrait beaucoup, et il en a d'autres.

L'Ève, de M. Guillon, poncive de tons, et la Nymphe au Miroir, de M. Flacheron, élégante de formes, ainsi que sa Femme à l'éventail; la Charmeuse de serpents, de M. Arosa, n'est pas d'un dessin assez choisi; la Fantaisie orientale, de M. Lethimonnier, représente une femme nue couchée avec le hanchement qu'affectionne M. Faléro: la ligne épigastrique, trop prononcée, creuse une sinuosité désagréable à l'œil. Le ton de la Charmeuse, de M. Rosset-Granger, est réussi de matité. La Fantaisie, de M. Caille, une vue de croupe agréable.

M. Diapé a une couleur d'un beau rance dans sa Nymphe. La Prière à Isis, de M. Faléro, un tableautin délicat; la femme accroupie en chatte qui joue de la cithare offre une carnation exquise. M. Faléro, dont le genre épeure les gens graves, est un des rares artistes épris de la plastique contemporaine, qui la saisissent et la rendent. Son Étoile, de 1881, la Vénus, de l'an dernier, étaient les nudités les plus contemporaines, et partant, les plus intéressantes du Salon. Ainsi l'entendent MM. Daux et Denœu, l'un avec sa fillette blonde que brunit une tenture rose; l'autre par sa petite femme couchée, excellent blanc sur blanc et la plus réussie des études de nu pur et simple.

La Baigneuse de M. Tortez svelte, d'une pâleur de chair agréable, et la façon frileuse et hésitante dont elle touche l'eau, point poncive, a de la grâce.