Et nous la retrouvons, en effet, splendide et victorieuse par la grâce, jusque dans ce bas-relief républicain!
Voici toute une cohue de statues: Flandrin, Ingres, Bailly, etc.
Le Hoche, de Clésinger, comme son Marceau qui est à l'extérieur du Palais, devant la porte de sortie, sont deux œuvres, fières, vivantes, et romantiques, ce qui sous ma plume est l'adjectif le plus glorieux. La Mort de Britannicus de M. Paul Chopin n'est qu'une étude, mais bonne. Quant à l'absence de mouvement que Mlle Delattre a baptisé Sophocle, ce n'est qu'un jeune drapé et assis. M. Kossowski a représenté Bernard Palissy mettant une bûche dans un four; le geste par lequel il se garde de la réverbération est d'un grand naturel et c'est là la pièce la plus sincère du Salon, comme rendu.—Le Vercingétorix devant César, de M. Peyrolle, n'est qu'un brenn, non le Brenn des Brenn. Assez fièrement piétée, la Jacqueline Robins de M. Lormier est surtout d'intérêt local pour Saint-Omer. La Bianca Capello de M. Ferville Suan n'est pas admissible, quand on connaît celle de Marcello; M. Caravaniez a fait un pastiche moyen âge avec son Anne de Bretagne; pour finir, un contemporain glorieux, le Général Chanzy, couché et enveloppé dans le drapeau.
VI
LA SCULPTURE CIVIQUE
Ici, l'on s'appelle citoyen; la chlamyde est une carmagnole, et le moindre bonnet phrygien: sans ambages, il s'agit bien plus de politique gouvernementale que d'esthétique. Aussi les Revues devraient laisser cette partie de la sculpture aux journaux politiques, si la critique n'était pas tenue de suivre l'art jusqu'en ses aberrations et le jury jusque dans ses démences. Qu'on ait médaillé la Séance du 23 Juin, soit; mais englober dans cette récompense un ouvrage qui viole les lois essentielles de la plastique, voilà qui ne peut se supporter; et puisque le jury est si jury que cela, il faut lui faire honte; car c'en est une que la jaculation des gens du métier devant ce haut-relief.
La République! le titre promet la virago de Rude, ou la Matrona potens de Barbier; et quoique cette promesse ne soit pas de celles irréalisables, M. Dalou n'en tient pas l'ombre. La République est absente de cet ouvrage qu'elle dénomme. En son lieu et place s'embrassent deux académies; le vrai titre serait donc le Baiser de paix; mais foin d'une réminiscence catholique! M. Dalou, mameluck de M. Renan, écho de Pierre Dupont, s'est inspiré de la mirlitonnade suivante:
La République régnera
Sur tous les peuples; et la terre
Dans la paix se reposera
De cinq ou six mille ans de guerre!
M. Dalou est un sculpteur abstrait; il représente la République par sa prétendue conséquence sociale et le troisième mot de sa devise: Fraternité.