Il existe à ce propos une jolie légende: un jeune candidat, très appliqué et d'un talent supérieur, lors d'un concours, omit dans le caractère X. (Pou), négation, de tracer le point. À cause de cela, tous ses efforts, tous ses travaux allaient être réduits à néant. Par bonheur, une fée s'émut en faveur du jeune lettré; elle se changea en un petit insecte noir, et quand le fatal feuillet passa sous les yeux de l'examinateur, elle se mit à la place du point. De la main, le maître essaya de la chasser, mais elle se tint ferme et il ne vit pas que le point manquait.

Celui qui triomphe dans toutes les épreuves, est considéré comme un parfait lettré.

Il est probable qu'au point de vue Européen, et dans l'état actuel de la science, on jugerait le savoir de ce triomphateur bien mince et trop exclusivement littéraire.

Aujourd'hui d'ailleurs, tout va changer, tout change dans cette Chine que les convoitises du monde ont enfin éveillée de son long sommeil.

Déjà, les réformes sont décidées, et c'est par celles de l'instruction que l'on commence. On va supprimer, s'ils ne le sont pas déjà, ces fameux examens, dont nous venons de vous donner le programme. On fonde des écoles suivant les méthodes d'Europe, depuis l'instruction primaire, jusqu'à l'université qui sont fréquentées par des milliers d'étudiants, et même d'étudiantes; des revues, des journaux sont publiés journellement, ou traduits en Chinois: Voltaire, Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, et bien d'autres.

Une jeunesse ardente et enthousiaste marche vers le progrès avec une rapidité extraordinaire.

CHAPITRE IV

LA MUSIQUE

La Musique était en grand honneur en Chine, dès la plus lointaine antiquité; on ne la considérait pas comme un amusement frivole, mais comme la science des sciences, et les Chinois lui attribuaient de singulières vertus. Elle était pour eux un écho de l'harmonie universelle qui équilibre les mondes et elle seule était capable de guider et d'anoblir les pensées et les actions des hommes.

La légende raconte que c'est Fou-si, empereur presque fabuleux, qui inventa les premiers instruments de musique, qui rendaient, paraît-il, sous ses doigts, un son céleste.