Il s'agenouille et frappe la terre de son front.

—Parle, dit l'empereur.

—Unique Sublimité, dit Gou-So-Gol, qui se relève, le méprisable gouverneur de Sian-Hoa offre de nous donner cent mesures de perles, vingt chariots pleins d'or et les plus belles jeunes filles de la ville si nous voulons nous retirer sans bataille.

—Cette ville est prise depuis l'instant où notre tente s'est dressée en face d'elle, dit Ta-Kiang. De quoi s'avise le gouverneur de nous offrir une partie de ce qui est à nous tout entier? Nous prendrons mille mesures de perles, cinquante chariots pleins d'or et les filles du gouverneur, si cela nous plaît. N'est-ce pas ton avis, ô le plus brave de mes chefs?

—Auguste Souverain, dit le guerrier, ta parole n'est-elle pas la sagesse et la vérité? J'ai la gloire de penser comme toi. D'ailleurs en acceptant nous perdrions un joyeux combat, plein de ruissellements rouges et un flamboyant incendie sur le ciel nocturne.

—Va donc, dit l'empereur, ô favori de Kuan-Te, va prendre cette ville et reviens promptement, afin que je puisse me diriger vers la Capitale, but de ma course, et enfin combler ma vaste ambition.

Gou-So-Gol se prosterne, puis se retire; ses yeux étincellent, sa face fière rayonne.

L'empereur fait signe au Grand Bonze d'approcher.

—Quelles nouvelles sont venues de Pey-Tsin? dit-il.

—Depuis plus de cinq lunes Ko-Li-Tsin, sorti de prison, possède le trésor de Kouan-Chi-In. L'envoyé de Ko-Li-Tsin a ajouté: «Bientôt l'empereur pourra entrer dans Pey-Tsin.»