—Mon vainqueur, ce n'est pas toi, dit Ta-Kiang d'une voix hautaine. J'ai été trahi par les Dieux, par les lâches Dieux exécrés.

Le Fils du Ciel détourna du rebelle son visage obscurci et l'abaissa vers Yo-Men-Li en pleurs.

—Jeune fille, dit-il, faible enfant qui voulais lutter contre des géants, quel Pou-Sah t'a ordonné d'exposer ta jeunesse à la colère des châtiments et de traverser les villes, un sabre rouge à la main, ô toi qui vivais en paix dans ta cabane au toit de bambou?

—J'aime Ta-Kiang! dit-elle.

L'empereur soupira et fit signe d'éloigner Ta-Kiang et Yo-Men-Li. Puis il se tourna vers Ko-Li-Tsin qui était demeuré assis sur ses talons.

—Eh! eh! c'est toi, ami Chen-Ton? dit Kang-Si.

—Salut, seigneur Lou, répondit Ko-Li-Tsin avec politesse.

—Il faut convenir, reprit l'empereur, que j'ai fort à me louer de t'avoir tiré de l'eau.

—Sans doute, car tu as fait une bonne action.

—S'il m'en souvient, continua l'empereur, tu m'as assez hardiment menti tandis que nous buvions ensemble sur la terrasse du Bateau des Fleurs.