—Me voici, répondit Yo-Men-Li en se dirigeant vers le bourreau.

—Viens ici d'abord, reprit la même voix.

Et une main la saisit et l'entraîna vers la seconde chaise, qu'entourait une haie de serviteurs. On souleva les tentures, et l'Héritier du Ciel, horriblement blafard, se laissa voir, étendu sur des coussins.

—Yo-Men-Li! soupira-t-il avec tendresse, mon corps souffre mille tortures, mais mon cœur est plein de joie, car je t'aime, et je viens t'arracher à la mort.

—Qui es-tu? dit Yo-Men-Li d'une voix saccadée et sourde.

—Oh! s'écria le prince en mettant sa main pâle sur ses yeux, elle ne me connaît pas!

Il reprit avec douceur:

—Je suis le prince Ling, le prince Ling, que tu as fait si cruellement souffrir! Mais n'importe, il t'aime. Écoute: mon père te fait grâce, il pardonne. Tu seras ma femme. Tu seras belle, adorée, glorieuse. Tu posséderas des palais, des villes et des peuples. Tu auras des monceaux de jade clair et l'amour du plus grand des hommes, car tu seras Impératrice.

—Ta-Kiang est mort! Ta-Kiang est mort! répondit Yo-Men-Li.

Ko-Li-Tsin s'était rapproché. Il s'essuyait les yeux. Il dit: