—Voici une façon d'entrer tout à fait contraire aux rites, dit-il, mais je sortirai avec politesse lorsque cette maudite ronde sera loin.

Le poëte se trouvait dans un jardin élégant; il aperçut au milieu d'arbustes plusieurs bâtiments larges et bas; à quelques pas de lui se dressait le kiosque du portier.

Cependant la ronde se rapprochait; elle passa devant la porte. Ko-Li-Tsin allait pousser un soupir de soulagement, lorsque le marteau de bronze résonna brusquement.

—Ten-Hou! dit Ko-Li-Tsin, ils m'ont vu entrer. Comment prouver que je ne suis pas un voleur? Je regrette le bambou, car je n'éviterai pas la cangue.

Il se cacha derrière un arbre.

Les hommes de police poussèrent la porte et apparurent avec leurs lanternes au moment où le portier sortait de son kiosque, effaré et somnolent.

—Femelle d'âne! lui cria le Chef des veilleurs, c'est ainsi que tu exposes ton noble maître? Tête sans front! tu n'es pas même capable de gouverner une porte docile. Je te ferai chasser d'ici et bâtonner sur le seuil.

—Grâce, grâce! maître magnanime, dit le portier tout à fait éveillé. Si la porte est ouverte, c'est que les voleurs sont venus; car j'ai tourné trois fois dans la serrure la grosse clef qui pend maintenant sur ma cuisse.

—Incestueux niais, dégoût des chiens galeux! répliqua le veilleur, les voleurs n'entrent pas par la porte. Vois ta serrure qui te tire la langue en signe de dérision. Tu as tourné la clef tandis que la porte était ouverte comme l'est en ce moment ta bouche d'idiot. Allons fils de mule! ferme vite et retourne dans ton écurie; demain tu entendras parler de nous.

Le portier ferma soigneusement la porte et rentra chez lui en grommelant.