Il regarda avec mépris Koueng-Tchou courbé et frissonnant d'épouvante.
—Traître! s'écria-t-il, tu oses t'attaquer au Ciel même, toi que le Ciel a élevé jusqu'à lui! Pendant qu'il répandait vers toi les rayons éblouissants de sa splendeur, tu méditais un crime odieux! Mais le Ciel est invincible, et il va faire tomber sur ta tête ses tonnerres et l'écraser.
—Grâce! divin seigneur, soupira le mandarin.
—Peux-tu tenir à une vie si misérable et si infâme? dit l'empereur, les lèvres crispées de dégoût. Avant de te la prendre je te ferai subir de nombreuses tortures afin que tu confesses les profondeurs de ton crime; ensuite tu mourras de la Mort Lente.
Les mandarins se relevèrent et se précipitèrent sur Koueng-Tchou, tous les visages exprimant la rage et l'horreur.
—Mais, ajouta le Fils du Ciel, un autre a porté le coup. Ce lâche avait un complice, qu'est-il devenu?
—Qu'on le cherche! hurlèrent les assistants, qu'on l'amène, qu'on le mette en pièces! Où est-il? Quel est le monstre odieux qui a osé frapper le Souverain du Ciel?
Et ce cri retentit dans tout le palais.
Alors Ko-Li-Tsin apparut au milieu de la salle; il secoua sa tête spirituelle et fière, et, jetant son sabre sur le parquet:
—C'est moi, dit-il.