Cependant elle ne bougea point.

—Cet empressement serait peu convenable; il vaut mieux que je feigne de ne pas l'avoir entendu venir.

Et, rougissante, elle continua son travail et sa chanson.

Ta-Kiang apparut bientôt. Écrasant les bambous sous la fermeté de ses pas, il s'approcha de la jeune tille qui tournait vers lui un visage plein de sourires.

—Voici Ta-Kiang, dit-elle, qui a laissé sa bêche pour venir un instant rire avec Yo-Men-Li, sa fiancée, près du petit lac des bambous.

—J'ai, en effet, laissé ma bêche, répondit Ta-Kiang, mais c'est pour ne plus la reprendre; je suis venu voir ma fiancée, mais c'est afin de lui dire que je vais partir pour toujours.

—Partir! répéta Yo-Men-Li avec surprise et comme prononçant une parole dont le sens lui aurait été inconnu.

—Oui, affirma Ta-Kiang.

—Pourquoi essayes-tu de me faire peur? dit-elle avec un sourire indécis. Il ne se peut pas que tu penses sérieusement à quitter ta fiancée.

—Ma fiancée prendra un autre laboureur pour époux, et son cœur m'oubliera quand ses yeux auront cessé de me voir.