La bonne Yu-Tchin, stupéfaite, considérait Ko-Li-Tsin qui marchait lentement dans l'allée de marbre.

Bientôt sur l'escalier d'albâtre de la pagode parurent des Tao-Sées portant des lanternes. Ils descendaient rapidement, puis couraient en criant. Le Grand Bonze lui-même sortit et marcha au-devant de Ko-Li-Tsin.

—Que s'est-il passé? demanda-t-il.

—Le sabre est sorti du fourreau, dit Ko-Li-Tsin, mais il n'est point entré dans la poitrine. L'enfant avait la main faible. Je me suis fait prendre à sa place, craignant que son cœur ne fût faible aussi devant la torture.

—On t'a torturé? dit le bonze. Tu n'as rien avoué?

—Rien, dit Ko-Li-Tsin; mais le mandarin a trahi. Des soldats vont venir s'emparer de la pagode. Il faut donc que Ta-Kiang parte. Le Dragon a des ailes, qu'il les ouvre.

—Tu parles bien, dit le Grand Bonze, le Fils du Ciel fuira. Nous avions prévu tous les résultats possibles de notre tentative; il y a des chevaux à la porte du pavillon impérial. Toi, viens vers Ta-Kiang.

Ko-Li-Tsin fit un effort pour se hâter.

—Oh! qu'as-tu, malheureux? dit le Grand Bonze. On t'a meurtri à ce point? Il faut avant tout panser tes plaies et te rendre la vie.

—Yu-Tchin se chargera de ce soin, dit le poëte; allons d'abord vers l'empereur.