SCÈNE III

PÉ-MIN-TCHON

PÉ-MIN-TCHON (il sort du pavillon et s'accoude à la balustrade de la terrasse.)

Il m'a semblé entendre un chuchotement de jeunes voix... Je me suis avancé avec précaution, et, cependant, j'ai fait fuir les farouches promeneuses qui, sans doute, venaient jouir secrètement de la splendeur de cette nuit. Je me suis trompé peut-être, et c'est dans ma rêverie que de jeunes voix gazouillaient (il aperçoit le sachet.) En ce moment, c'est encore une illusion qui trompe mes yeux, car je crois voir une large fleur éclose sur cette marche de marbre.

(Il s'avance vers l'escalier, puis s'arrête.)

Pourquoi descendre? A quoi bon me convaincre que c'est seulement l'ombre d'un oranger voisin? Cependant, elle me semble briller toute pleine de rosée. C'est la lune, sans doute, qui se mire dans les paillettes de marbre.

(Il descend rapidement et ramasse le sachet.)

Ah! (il respire.) C'est bien une fleur par le parfum.

(Il s'avance de quelques pas et cherche un rayon de lune.)