—Petite misérable, c'est moi qui te ferai fouetter!
—Ah! maîtresse, il est si joli....
Princesse-Blanche regarda à travers les branches de son éventail, tandis que A-Tei ouvrait une petite porte cachée dans la palissade; elle faillit éclater de rire en apercevant la figure réjouie et bouffonne du bon libraire.
—A-Tei, dit-elle, a des goûts singuliers.
Lorsque Sang-Yong fut entré, il adressa mille salutations à la noble jeune fille, qui commanda à sa servante de les lui rendre; puis il cassa une tige de bambou et il se disposa à rattraper le volant. D'abord, il ne réussit qu'à l'éloigner; mais en le chassant ainsi il le rapprochait de l'autre rive; il passa un des petits ponts de marbre, et délicatement, entre deux ongles, il saisit le jouet. A-Tei frappait ses mains l'une contre l'autre en disant:
—Voilà un mandarin très adroit.
—Il faut lui rendre grâce, dit tout bas Princesse-Blanche, et nous retirer bien vite dans l'appartement intérieur, en le priant de ne jamais revenir dans le petit bois de Cèdres.
—Ma maîtresse te prie de revenir demain dans le petit bois de Cèdres, afin que nous puissions jouir encore de l'honneur de ta compagnie.
—Je te ferai couper la langue! murmura Princesse-Blanche, en s'éloignant rapidement.
Sang-Yong s'était remis à saluer; quand il releva la tête, la noble jeune fille avait disparu, mais il put voir encore, à travers les branches, l'espiègle visage d'A-Tei qui lui souriait de loin.