Sous le vent, les voiles se tendent, les lames balancent les navires, tandis que Zin-Gou, les regards perdus dans l'espace, s'écrie:

—Voyez! Voyez! Le dieu marin! Foumi-Yori-Mio-Zin se fait notre guide et marche devant nous!

Elle est seule à apercevoir le Dieu de la mer; mais nul ne doute de sa parole.

Le roi de Corée tremble et pleure au fond de son palais. Ses États sont envahis, ses soldats sont défaits. Devant l'armée invincible des Japonais, aucune résistance n'était possible, et lui-même, avant de combattre, il se sent vaincu.

Déjà les conquérants ont pris la ville. L'Impératice guerrière est aux portes des palais. L'âme des héros l'anime vraiment. C'est elle qui, à travers les tempêtes et les obstacles, a conduit son armée à tant de victoires.

La première elle s'élance à l'assaut, franchit le fossé et heurte la porte royale en criant d'une voix éclatante:

—Le roi de Corée est le chien du Japon.

Les battants éclatent, s'écroulent et la conquérante passe sur les décombres.

Au dessus de l'entrée, elle fait suspendre sa pique d'ivoire et d'or, qui, durant des siècles, restera là.

C'est l'heure du carnage et du pillage; les soldats vont se payer enfin de leur sang versé; ils n'attendent plus que l'ordre de la souveraine.