Quand toute la troupe eut été présentée, M. John Harlwick dit à Moukounji:
—C'est ce soir que, pour la première fois, nous jouons à Calcutta, et je voudrais, le plus tôt possible, présenter votre éléphant au public. D'abord, quel est son nom?
—Comme, un jour de détresse, il vint me trouver, je ne sais d'où, et comme il m'apporta de la consolation, je l'appelle Devadatta, ce qui, dans notre langue, signifie donné par les dieux.
—C'est bien. Sur nos affiches nous rappellerons donc; le fameux éléphant Devadatta. Mais, dites-moi: ne représentez-vous pas un de vos dieux avec une tête d'éléphant?
—Le divin Ganéça, dieu de la sagesse, a la tête d'un éléphant.
—Parfait! s'écria M. Harlwick. Le fameux éléphant Devadatta, frère de Ganéça, dans ses divers exercices. Voilà ce que portera, notre affiche. Ne sera-ce pas bien, monsieur Oldham?
—Ce sera très beau, dit M. Oldham.
—Maintenant, reprit M. Harlwick, il faut voir quels exercices nous lui enseignerons. C'est vous, monsieur Oldham, qui l'avez découvert: c'est vous que je charge de son éducation.
—Vous m'honorez, monsieur Harlwick. Elle sera promptement terminée. D'abord, je veux lui faire répéter, devant vous, le jeu auquel il se divertissait sur le port.
M. Oldham fit apporter un anneau de fer. Je compris qu'il fallait jouer avec comme j'avais joué sur le port. M. John Harlwick fut satisfait de cette épreuve: