Une fois les murs franchis, je flânais dans les rues, traversant les bazars où je savais que chacun s'empressait de m'offrir quelque friandise; puis je rentrais au palais et mon premier soin était de chercher la petite Parvati: je la trouvais au milieu de ses nourrices et de ses servantes, dans les bosquets de jasmins et de roses; alors je la contemplais de loin avec une admiration et un bonheur extraordinaires.

Je la vis ainsi lentement s'épanouir de jour en jour et de mois en mois; bientôt elle se roula sur la mousse fleurie, marcha comme un jeune animal, puis se mit debout, essaya ses premiers pas entre des bras tendus.


[Chapitre XIII]

MA PRINCESSE

Un jour—ce jour-là est un des points qui flamboient dans mes souvenirs—la petite princesse avait déjà plus d'un an, elle marchait et sautait on ne peut mieux. C'était à peu de distance d'un joli lac, bordé de lotus de toutes les couleurs; sur des tapis, à l'ombre des arbres, les gouvernantes jouaient aux échecs, tandis que Parvati, de fleur en fleur, poursuivait un magnifique papillon.

Je la suivais des yeux m'intéressant à sa chasse.

Les ailes brillantes lui échappaient toujours, fuyaient, se posaient plus loin; elle, se dépitait, s'acharnait à la poursuite, refaisait les mille zigzags que traçait le beau papillon rose et bleu, qui semblait une fleur envolée.