—Pourquoi n'avez-vous pas accompagné miss Dickson? lui demanda-t-il. Ces grandes gaietés vous ennuient?
—Non, dit Éva très simplement. Je ne m'ennuie jamais!
—Même—il essayait de sourire—même quand vous n'êtes pas dans votre libre Amérique?
—Ne riez point, je la regrette quelquefois, fit miss Meredith en s'asseyant. Pas toujours. Non.
Georges restait debout devant elle, les mains appuyées au dossier d'une chaise, et son livre sur les genoux, elle levait sur lui ses yeux noirs, tandis que le vent agitait autour de sa fine tête ses folles mèches brunes.
—Et l'on prétend, dit-il, que les Américaines n'ont pas le souci du coin du feu!
—Oui, on s'imagine que nous vivons tous à l'hôtel dans un boarding-house et que nous n'avons pas de home comme les Anglais!
—Et vous le regrettez, votre home? Pourquoi l'avez-vous quitté?
Éva fit une petite moue railleuse.
—D'abord parce que je tenais à accompagner mon oncle, que j'aime beaucoup, Sylvia dont la santé m'inquiétait, et parce qu'aussi bien il faut avoir vu l'Europe, dit-on. Mais si je ne suis point tentée de monter sur le yacht de miss Dickson, je serai heureuse, oh! bien heureuse... quand je remettrai le pied sur le paquebot.