Sylvia était là justement, dans cette même pièce où, la veille, Georges de Solis l'avait revue, où elle lui avait, comme à travers un fossé creusé par les années, tendu une main amie. Elle parut heureuse de sa venue.
—A la bonne heure! je craignais que votre sauvagerie....
Elle s'arrêta, craignant de trop dire. Elle essayait de sourire, mais elle était moins rassurée qu'elle ne voulait le paraître. Elle s'expliquait, par le sentiment qu'elle éprouvait, l'empressement de M. de Solis. Mais pourtant si tôt, si vite! Et allait-elle, maintenant, vivre près de lui, le voir souvent?
—Ma chère Sylvia, dit miss Meredith, une autre fois, attachez mieux votre bracelet. Voici celui que vous rapporte le petit Ruaud.
L'enfant, qui tournait autour de lui des yeux étonnés, de beaux yeux bleus, et regardait ce salon avec le respect des splendeurs d'une église, se retourna vite en entendant son nom.
—Oui, paraît que c'est votre bracelet, madame, dit-il à Sylvia. Il s'aura détaché pendant que vous parliez à la mère, chez nous. Et alors, c'est le père qui l'a trouvé au pied du lit en rentrant de la pêche et qui a dit: «Francis, porte ça le plus vite possible à ces dames américaines! Elles peuvent en avoir besoin pour aller à la fête!...»
Un bon rire clair de miss Meredith interrompit le pauvre petit.
—A la fête! dit la jeune fille, ah! très joli!
Francis Ruaud demeurait un peu confus en entendant ce rire: il avait peur d'avoir dit quelque sottise.
Mais Sylvia le rassura bien vite: