—Très peu! Comme on connaît les étrangers à Paris!

—Je vous ai vu chez lui, à la dernière soirée qu'il a donnée au Parc Monceau!

—C'était la première fois que j'y allais. Superbe, l'inauguration de son hôtel!... Un luxe et un goût! La serre surtout! Étonnante, la serre!... Un bijou parisien vu à la lumière Edison!... Seulement on n'y parle pas assez français. J'y ai vu des Turcs, des Persans, des Américains—mais des Parisiens, j'en cherchais!...—Le plus Parisien, c'était encore un Japonais... ou un Javanais, je ne sais pas au juste.... Ah ça! mais, cher monsieur Montgomery, il y a un autre Norton, qui vient d'acheter un Meissonier de huit cent mille francs à Philadelphie!

—C'est le faux Norton!

—Comment, le faux Norton?

—Oui... comme je suis un Montgomery avec deux m!... Le vrai Norton, c'est mon Norton à moi, Richard Hepworth Norton... le propriétaire des mines de cuivre les plus fameuses et le rival des plus hardis entrepreneurs pour la construction des chemins de fer, Norton le Riche, comme on l'appelle pour le différencier de Norton le Pauvre, qui n'a que vingt millions....

—Oh! le malheureux!

—.... De rente! ajouta Montgomery froidement.

—Alors, dit Bernière, Richard Norton!

—Oh! Richard Norton! Richissime, lui!