Georges, assis dans son cabinet de travail, encombré de cartes et de livres, avait commencé, déchiré, puis recommencé pour Sylvia une lettre qu'il voulait lui envoyer, précisant plus nettement ce qu'il lui avait murmuré, glissé dans l'âme. Sa mère, entrant pour le voir, l'avait surpris, écrivant, l'œil fiévreux, et cachant brusquement un billet inachevé dans un buvard.

Un moment, la marquise avait eu la tentation d'interroger son fils. A qui écrivait-il? Pourquoi se cachait-il?

Mais la question indiscrète n'eût pas obtenu de réponse sans doute. Trop femme pour ne point deviner en partie, la marquise était certaine que cette lettre furtive était destinée à mistress Norton.

—Quelle sottise peut-il bien méditer? pensait-elle.

Elle l'aurait demandé peut-être si le domestique ne fût venu annoncer M. Richard Norton, qui désirait parler à M. le marquis.

La mère, subitement inquiétée, regarda son fils qui répondait très calme, souriant, pour rassurer Mme de Solis:

—Je suis charmé.... Faites entrer.

—Je vais vous laisser, dit la marquise avant même que Norton fût entré. Mais pourquoi vient-il ici?

—Une visite. Il a bien le droit de me rendre visite.

—Promets-moi que tu me répéteras tout à l'heure ce qu'il aura dit.