—La rencontre devait avoir lieu ce matin. Elle avait été remise à ce soir sur la demande des témoins du colonel.
Solis répondit simplement:
—Vous êtes très bien informé!
—C'est vous dire, fit Norton, impassible, que je connais aussi la cause de ce duel!
Georges regarda l'Américain. Sous leurs sourcils hérissés, les yeux gris du Yankee voulaient demeurer froids, très calmes: une flamme les trahissait, un éclat de fièvre.
—Si vous savez la cause de cette rencontre, répondit le marquis, vous savez alors qu'elle n'a rien que d'honorable pour moi et pour... la personne que je défends.
—En ne la nommant pas, à moi, cette personne, vous montrez vous-même que vous n'avez pas le droit de la défendre!
Le marquis essaya de sourire.
—Un honnête homme a toujours le droit de prendre la défense d'une honnêteté calomniée.
—Non, dit Norton, quand, en voulant la protéger, il l'expose à une calomnie nouvelle!