—C'est Éva, dit Sylvia.
Et la voix de la jeune fille, entendue à travers la porte, calma le dépit de Richard qui alla lui-même ouvrir et se trouva en face d'Éva poussant devant elle le petit Francis Ruaud, timide, hésitant, sa casquette à la main, avec des cheveux embroussaillés toujours, mais des vêtements plus propres qu'autrefois.
La jeune fille le tenait par les épaules et lui disait, pendant qu'il semblait avoir envie de fuir:
—Entre donc! Voici mistress Norton... et M. Norton! Il ne te mangera pas!
Et l'enfant, un peu farouche, l'air honteux, baissant le front:
—Je sais bien, mademoiselle.... Mais... c'est que mes souliers... la vase....
Il montrait le cuir humide de ses grosses chaussures.
—Voici un garçon qui tient absolument à voir Sylvia, dit Éva en le menant jusqu'à Norton.
Le petit Francis restait là, muet, attendant qu'on l'interrogeât.
—Pourquoi es-tu venu? dit Sylvia.