Richard Norton le fit entrer dans le salon où se tenait Sylvia, entourée de Bernière et des trois femmes, et avec une solennité qui n'avait rien de théâtral, un ton grave et triste:
—Je vous présente M. Cadogan, solicitor!
Il alla droit à Sylvia et ajouta, parlant à voix basse:
—Et je suis heureux que l'acte qui va terminer notre union ait quelques témoins. Ils pourront répéter, un jour, la déclaration que je tiens à faire!
Sylvia, très pâle, semblait le conjurer du regard, comme pour lui demander de traiter en tête à tête, dans le silence, cette redoutable question. Mais, comme s'il ne comprenait pas la supplication muette de la jeune femme, Richard prit des mains de Cadogan, qui s'était assis et fouillait sa serviette de cuir noir, un papier et le présenta à Sylvia en disant très haut:
—Voici la première signature que vous ayez à donner pour être libre, Sylvia.
—Libre! songeait-elle, se rappelant tout ce qu'il y avait, dans ce mot, de tentations et de rêves.
C'était le souhait ardent de Georges: libre! C'était ce que le jeune homme faisait reluire, à l'horizon, comme une aube d'existence nouvelle! C'était aussi l'aspiration ardente de sa vie comprimée, lassée. Libre!
—Votre nom, continuait Norton froidement, au bas de cet acte, et M. Cadogan se chargera de suivre la procédure nécessaire aux Etats-Unis!
M. Cadogan ajouta: