Et comme Georges regardait sa mère d'un air étonné, la marquise ajouta doucement:
—Parfaitement: ma cure. J'ai coupé dans le vif. Vous étiez deux fous. J'ai ouvert le robinet à douches. Mistress Norton n'a rien de mieux à faire que d'aimer le mari qui l'adore, et toi de tâcher d'adorer quelqu'un que je connais et qui t'aime déjà.
Elle ajouta en riant:
—Tu sais, ce n'est pas Mlle Offenburger que je veux dire.
Puis elle se tut, trouvant qu'elle en avait peut-être trop dit déjà, pour un soir.
Georges de Solis resta, jusqu'à la nuit venue, à contempler la mer immense, les lueurs des phares, les points d'or des étoiles.
Il lui semblait qu'une nuit aussi, une immense nuit, enveloppait toute sa vie, voilait son avenir comme d'un crêpe. Puis, dans cette nuit même, une clarté d'aube se levait, une aurore douce et rose. Quelque chose de vague entrait en lui comme la caresse d'un vent frais, d'une brise qui, au loin, eût passé sur des fleurs.
Et comme le lendemain, Sylvia Norton recevait la visite du docteur Fargeas qui la trouvait transfigurée, toute heureuse, le médecin ouvrit au hasard un volume qui traînait et qu'un signet marquait à une page déterminée:
—Rosetti? La Maison de vie? tiens, dit Fargeas. Je ne connais pas....
—Oh! un de mes volumes préférés! répondit Sylvia. Je l'avais prêté à M. de Solis qui me l'a renvoyé ce matin!