—Monsieur Norton, dit Liliane en riant, prenez garde! Il ne faut jamais parler de son bonheur si haut.

Norton la regarda, un peu inquiet.

—Je sais. Cela tente le sort! Mais je lui paie rançon. Croyez-vous que si la santé de mistress Norton ne l'exigeait pas, j'aurais jamais quitté New-York pour Paris?... Oui, dit Richard en souriant à Fargeas, oui, c'est la faute de ce cher et illustre maître si je suis ici.

—Ma faute?... fit le savant.

—Oui, votre faute. Je vous ai proposé de venir à New-York soigner spécialement, vous le grand devin des maladies nerveuses, mistress Norton.

—Et j'ai refusé! dit Fargeas.

—Je vous offrais une fortune. Ce que vous auriez voulu. Oui, carte blanche.

—Guérison à forfait! Mais, répondit très simplement le docteur, j'avais à Paris tout mon service d'hôpital, de pauvres diables qui ne m'offraient rien du tout. Dans ces cas-là, vous concevez, on n'hésite pas!

—Pas Américain, le docteur, murmura M. de Bernière à miss Éva qui passait près de lui.

La jolie Américaine fit une révérence.