—On se lasse de tout. Voilà! Eh bien! mais, je ne dis pas autre chose, moi!

—Alors, à votre avis, demanda le marquis, l'amour?

—Oh! je n'y crois pas, fit Bernière.

—J'y crois, moi, au contraire, dit Fargeas, j'y crois... comme à la médecine! Je crois aux faits. A l'amour de la femme pour le mari qui la rend heureuse, du mari pour la femme qui le rend fier, de la mère et du père pour l'enfant.... Je crois à tous les amours accompagnés d'un qualificatif... amour conjugal... filial... paternel... ce que vous voudrez.... Je crois à l'amour-propre surtout! Mais je ne crois pas à l'amour sans épithète!... Cet amour-là n'est qu'un farceur.... Il prétend qu'il n'a que des ailes.... Allons donc! Il a des pattes... et des griffes!...

—C'est-à-dire, fit M. de Solis, qu'à ramener votre théorie à la pratique, il n'y a pour tout homme d'autre passion que celle de son foyer et d'autre salut que le mariage?

—Voilà! répéta Fargeas, joyeusement.

M. de Bernière crut bien embarrasser le médecin:

—Alors, docteur, pourquoi ne vous êtes-vous pas marié, vous?

—Moi? Parce que j'avais une passion....

—La science?