Il fallut tirer les armes au sort. Le spahi avait apporté de longues épées à coquilles, d'apparence brutale comparées aux fines aiguilles que tenait M. Handa-Machado.
Le sort choisit les lourdes épées du soldat.
On se mit en garde.
Fargeau, le sourcil froncé, regardait Terral avec une certaine expression de menace.
Blanc et l'œil étincelant, Fernand s'était déjà précipité sur M. de Bruand avec l'impétuosité d'un duelliste habitué au terrain. Quoique ce fût sa première affaire, il se sentait sûr de lui. Mais, souriant, M. de Bruand écarta son fer.
Fernand, par un brusque mouvement de moulinet, cherchait à envelopper l'arme de M. de Bruand. Le poignet de Léon tenait son épée immobile.
M. de Bruand n'avait qu'à se fendre pour percer Terral en pleine poitrine.
—Allons donc! murmura Fargeau dans sa barbe.
Mais M. de Bruand, dédaigneux, demeurait en garde, les yeux sur les yeux de Terral.
Tout à coup, Fernand recula, rompit, puis bondit en avant avec une terrible brusquerie, et son épée disparut dans la poitrine de M. de Bruand.