—Un peu fort, Josépha, ma fille!

—Comment écris-tu canaille? Par un K?

—Oui, une canaille. Il m'a flouée. Une chaîne superbe, grosse comme ça. Il me la donne. Je saute de joie. Moi qui étais si gentille pour lui! Un jour, je veux mettre la chaîne au clou... C'était du doublé!

—Je m'en doutais!

—Très-fort, Miron. Tromper ses actionnaires, bien, mais tromper Josépha... Mieux... Très-fort!

—Vive Miron! vive Miron!

—Sur l'air des Lampions: Vive Miron! vive Miron! vive Miron!

—Est-elle grue, cette Josépha! dit Berthe en vidant une coupe de Champagne.

Josépha se leva furieuse, saisit une pomme dans une corbeille et l'envoya brusquement à la tête de Berthe qui esquiva le coup. La pomme alla briser un petit miroir de Venise, ce qui, dit quelqu'un, fit rire l'assemblée aux éclats. Le petit Barberino raccommoda Berthe et Josépha en les embrassant toutes les deux. Antonia s'était levée pour voir les dessins faits par la brisure de la glace.

—Deux losanges à droite, dit-elle en se rasseyant. Signe d'argent! Le petit Polonais casquera!