Terral causa encore un moment, trouva pour madame Bourdenois un ou deux compliments, serra la main de son ami, et descendit. Dans les escaliers, il se croisa avec un vieux bonhomme qui montait, chargé de livres, en fredonnant l'hymne de M. Joseph Chénier. C'était le beau-père.

—J'en échapperai donc, se dit Terral une fois dans la rue, et malgré toutes les fatalités du monde. Cinq louis. Cela suffit.

Il s'habilla. Bien portés, ses vêtements râpés, mais de bonne coupe, lui donnaient encore une élégance presque insolente. Il attendit le soir et se promena avant le dîner, devant son cercle. Des amis de boulevard, des agents d'affaires, le rencontrèrent.

—Ah! quel hasard! Est-ce que votre soirée est prise, Terral?

—Non.

—En ce cas, nous vous invitons, nous vous entraînons, nous vous enlevons. Grande réception dans les salons de Brébant. C'est la Compagnie qui paye.

Il s'agissait d'un repas d'actionnaires, de la fondation d'une société de crédit industriel. On avait invité des journalistes, Terral rencontra Olivier Renaud, bien d'autres qu'il connaissait, le petit Barberino, des compagnons de plaisir. Barberino avait amené avec lui un jeune homme au regard bleu, souriant, les cheveux blonds, un peu pâle.

—Quel est ce monsieur? demanda Renaud à Terral.

—Je ne le connais pas.

Il apprit, cinq minutes après, au potage, que le jeune homme se nommait Paul de Rieux,—une grande famille de Bourgogne, disait-on.