«—Je ne sais pas, mais il y aura des truffes!

«Cher esprit français!—Gontran m'avait annoncé des femmes ravissantes! C'est le mot d'usage. J'avais ordonné à Jean de bourrer ma voiture de bouquets de violettes. Me voilà parti. J'arrive chez Gontran, je passe devant la loge du concierge, toute bruyante et encombrée de voisins. Je remarque sur la table l'oie proverbiale, doublée de marrons. Et je fais mon entrée chez Gaston, suivi de Jean, qui portait majestueusement les bouquets.

«Gontran avait décoré son appartement d'une façon charmante, à la chinoise, avec des lampes d'opale, projetant sur la table de très-agréables demi-clartés. Les faïences détrônées de leur dressoir, s'étalaient sur la nappe avec leurs garnitures de bananes et de figues de Barbarie. On était assis déjà. A mon arrivée, grande clameur. Gontran, Paul et Gérard s'écrient:

«—C'est Léon! ce cher Léon! Bravo, Léon! L'exactitude est la royauté des hommes polis!

«Jean déverse ses monceaux de violettes.

«—Oh! oh! Léon a dévalisé un parterre. Quelle est cette idée d'empereur de la décadence? Et ces violettes du pôle? C'est gai comme un enterrement!

«—Pourquoi ces fleurs... et pour qui?

«En effet, je regarde de tous côtés, je cherche un visage féminin, partout des favoris ou des moustaches.

«—Mon cher ami, pardonnez-moi, dit Gontran. Ces dames se sont excusées.

«—Par lettre, ajoute Gérard.