—J'attendrai, se dit Fargeau. Encore un joli monsieur!

Le lendemain, à midi, M. Adolphe Labarbade faisait son entrée chez Célestin Fargeau. Il avait dépouillé les habits du lycéen et revêtu le veston d'ordonnance du gandin. On l'eût pris pour une réclame de Dusautoy. Son premier regard fut un peu dédaigneux. Le logement qu'habitait Fargeau contrastait avec les cabinets des restaurants, dorés sur toutes les moulures, que le fils de maman Anaïs avait coutume de fréquenter. Il n'en tendit pas moins la main à Fargeau en lui disant: Bonjour, cher?

—Eh bien! dit Fargeau, qu'y a-t-il pour votre service?

—Voilà, répondit Adolphe.

Il alluma un cigare puisé dans un étui de Manille, et tout en fumant:

—Vous ne devez pas ignorer, pas vrai, mon bon Fargeau, que le baccalauréat a été institué par les gouvernements pour l'aplatissement des jeunes gens qui se moquent de Cicéron comme de leur première culotte?

—Parbleu! dit Fargeau qui s'amusait de cet aplomb.

—D'un autre côté, impossible de faire son droit sans le morceau de parchemin qu'ils appellent un diplôme.

—Oui. C'est bien ridicule.

—Dites que c'est obscène! Infect, parole d'honneur! Toujours est-il que je veux faire mon droit. Maman le veut. Désobligerai-je pas maman, moi? Jamais de la vie! Comprenez?