Fargeau avait parlé avec une sorte d'excitation et de colère que Terral ne lui connaissait pas. Ses yeux fatigués avaient rajeuni; sa voix avait repris les accents d'autrefois. Il avait dû souffrir avant d'abdiquer.
Terral, étonné, le regardait. Mais ce coup de clairon ne l'atteignait pas, ne l'ébranlait pas. Il n'était point ému.
—Tout cela est fort beau, dit-il, et prouve que le monde est mal fait. Je ne me charge pas de l'orthopédie. Redressez-les, don Quichotte! Moi, je veux la fortune, et je vais à elle—encore une fois, toujours—si je puis!
—Meilleure chance, dit Fargeau.
Ils se séparèrent.
Fargeau suivit des yeux un moment Terral qui marchait, courbé sur le pavé, le long de la rue. Puis il le perdit de vue. Il haussa les épaules, et rentra chez lui.
—J'ai fait de la copie pour le roi de Prusse, songeait-il. On ne le convaincra plus, celui-là. Mais c'est justice. Le repentir serait immoral parfois.
Il allait se mettre au lit, quand il aperçut sur sa cheminée une lettre que le concierge avait dû placer là.
—Qui diable peut m'écrire?
C'était Adolphe Labarbade qui priait M. Célestin Fargeau de l'attendre le lendemain à midi.