Terral dit sa position, conta ses mésaventures, ses espoirs trahis, se montra acculé, misérable, et demanda, dans les bureaux, une place qui pût le faire vivre.

—Et comment vous appelez-vous? dit M. Nicholson avec un accent bordelais très-prononcé:

—Fernand Terral.

—Tiens! dit M. Nicholson en regardant Terral assez fixement. Mais je connais ce nom-là, moi!... Pardieu, nous lisons aussi à Londres les chroniques parisiennes. Vous êtes un joueur émérite, monsieur, ajouta-t-il en soulignant le mot avec malice.

—Moi? fit Terral en devenant tout pâle.

—Si j'en crois certain récit publié par le London Herald, d'après le Figaro, il vous est arrivé dernièrement... Eh?... A moins que ce ne soit un homonyme... Eh! bien, ma foi, dit M. Nicholson, je ne vous en fais pas un crime. Au contraire. La vie à présent est une lutte à main armée. La ruse ou la force. Eh! eh!... vous devez être un garçon intelligent, monsieur Terral... Dear Anderson?...

Le monsieur maigre s'avança.

M. Nicholson lui dit, en mauvais anglais, quelques mots que Terral comprit:—Ce garçon-là pourrait nous être utile, dit M. Nicholson.

—Ah! fit M. Anderson.

—Il a eu des malheurs, là-bas!