Et, lorsqu’il sortait de la chambre, il n’avait pas l’air satisfait.

— Va-t-elle donc mourir ici, la petite Française? lui demandait l’hôtelier.

Il hochait la tête et ne répondait pas.

Et Hector de Beauchamp voyait bien, devinait que le brave homme était inquiet. Sans être médecin, le marquis s’apercevait trop sûrement de l’état de la malade. La toux augmentait, devenait plus fréquente. Des étouffements empourpraient le visage amaigri, et la pauvre fille se dressait sur son lit, essayant de repousser quelque monstre qui l’étreignait. La nuit, elle avait le délire. Elle chantait des chansons entendues autrefois. Elle répétait, en essayant de rire, les propos de la Fanchette du théâtre au comte Almaviva:

«Oh! Monseigneur... Toutes les fois que vous venez m’embrasser, vous savez bien que vous dites toujours: Si tu veux m’aimer, petite Fanchette, je te donnerai ce que tu voudras...»

Son gentil visage se penchait et le hochement de tête, commencé dans la coquetterie, s’achevait, lassé, dans la douleur.

Le marquis l’écoutait, tremblant, lui prenant les mains, — ces petites mains qui brûlaient, — et il lui disait, comme si les paroles de la comédie se fussent adressées à lui-même:

— Oui, tout ce que tu voudras, tout, Fanchette!

Et le regard perdu, doucement, avec le respect de la pauvre petite débutante pour le grand artiste, elle répondait:

— Merci, monsieur Molé. Vous êtes bon pour moi!