— A mort, le Français! hurla la foule.
Le petit marquis se mit en garde de boxe et répondit à Mac Lee:
— Il était dit que nous ferions un match! Allons!
Et, les cris l’assourdissant, il entendait les hommes et les femmes varier leurs menaces:
— Frappez! Allez! En avant, Mac Lee!
— Fouettez-le! Fouettez-le donc! La fessée, comme à Boney!
Le petit Français faisait tête à l’orage.
Il s’était accoté contre une colonne de fer soutenant la voûte du caveau et son attitude résolue en imposa un moment à ces adversaires l’entourant là comme chiens à la curée autour d’un cerf. Le nègre Mac Lee s’avançant sur lui, ses dents blanches découvertes par un rictus féroce, Hector de Beauchamp d’Antignac n’attendit pas que le premier coup lui fût porté et il lança bravement son poing dans la face noire. Un juron sortit des lèvres saignantes du nègre, et, pendant que des femmes s’accrochaient aux tibias du petit marquis pour le faire tomber, le terrible poing de Mac Lee s’abattit sur le crâne du Français, et le marquis, étourdi, assommé, sentit qu’autour de lui, êtres et murailles, faces hurlantes et tables chargées de verres, tout tournait à la fois.
Il eut la force de jeter, dans un dernier cri:
— Vivent les Français, canailles!