On connaît cette épitaphe célèbre:

Très-haute, très-excellente, très-puissante
Princesse***
morte âgée de sept jours.

Et cette autre qui donne la note exacte de tout un état social:

Sa veuve infortunée continue son commerce. Rue Saint-Denis nº….

Comme ils comprenaient mieux que nous, les anciens, la pénétrante poésie de la mort! Avec quel charme attendri ils savaient exprimer leur douleur, l'atténuer pour ainsi dire en l'idéalisant, ou la fixer à jamais par une de ces épigrammes d'une éternelle et touchante simplicité! L'Anthologie est remplie de ces épitaphes où le génie grec, qu'on dirait froidement impassible, laisse venir une larme pure à ses yeux calmes. Rien n'est plus parfait et d'un sentiment plus délicat.

«Je suis, dit une épigramme de Parménion, le tombeau de la jeune Hélène, et comme un frère l'a précédée, je reçois de sa mère un double tribut de larmes. Des prétendants la douleur est la même; tous pleurent également celle qui n'était encore à aucun d'eux.»

Celle-ci est de Simonide:

«La vieille Nico dépose des couronnes sur la tombe de la jeune
Mélète; Pluton, est-ce là de la justice?»

«Ce tertre, dit une autre, c'est une tombe. Retiens donc tes boeufs, laboureur, et retire le soc, car tu remues de la cendre humaine. Sur une telle poussière, ne sème pas du blé, verse des larmes.»

Quelle mélancolie dans les épigrammes qui suivent: