Mais les craintes de madame de Frémilly furent vaines.

Quand Laurence eut conscience des choses autour d'elle, entra en convalescence, elle ne parla pas de Jacques de Brécourt. Elle n'en parla jamais.

Elle semblait avoir oublié qu'elle avait aimé, mais la tristesse infinie de son visage, qu'aucun sourire n'éclairait plus, parlait pour elle.

Madame de Frémilly comprit qu'elle n'oublierait jamais, et que si elle ne se plaignait pas, son chagrin n'en était que plus profond et plus intense.

Elle n'osait pas faire allusion aux jours d'épreuves qu'elle venait de traverser, et elle s'efforçait de tourner vers un autre côté, vers l'avenir, les pensées de sa petite-fille.

La neige avait fondu.

La prairie devant le château était toute verte.

On entendait à travers les fenêtres les oiseaux chanter dans l'air radouci.

Madame de Frémilly songea à emmener sa petite-fille, pensant qu'un voyage peut-être la distrairait.

Laurence refusa de partir.