Elle semblait se plaire dans sa solitude où elle pouvait tout à son aise demeurer enfermée dans sa douleur.
Elle était restée très pâle, très faible et extrêmement nerveuse.
La nuit elle sortait de son lit, et, tout endormie, elle errait dans les couloirs du château, semblable à une blanche apparition.
Plusieurs fois les servantes l'avaient surprise.
Elles avaient voulu l'emporter dans sa chambre, mais on leur avait recommandé de ne pas la réveiller.
Elles prévenaient alors madame de Frémilly, et celle-ci suivait pas à pas sa petite-fille, comme on suit une ombre, de peur qu'il ne lui arrivât quelque accident.
Les angoisses de la pauvre femme n'étaient pas finies.
Elle tremblait encore pour les jours de Laurence, qui semblait périr de consomption.
Elle avait consulté le médecin.
Celui-ci avait ordonné des fortifiants, tout en déclarant qu'il n'y avait rien à faire, que le mal était tout moral, qu'il fallait laisser agir le temps.