La jeune fille s'éloigna en pleurant.
Quand elle fut seule, madame de Frémilly se leva, courut au cordon de sonnette, et au domestique qui se présenta à son appel.
—Qu'on parte à Poitiers tout de suite, ordonna-t-elle, chercher le médecin, et qu'on l'amène ici ce soir, cette nuit, à quelque heure que ce soit, je l'attendrai!
—Oui, madame la baronne.
—Allez!
Et la malheureuse grand'mère retomba sur son fauteuil, plus morte que vive. Ce n'était plus la faute de sa petite-fille qui l'accablait ainsi, mais la scélératesse et le manque de coeur que dénotait son obstiné mensonge. Elle voulait la démasquer, la forcer à avouer sa perfidie. Mais, pour cela, il lui fallait des preuves, et elle allait les demander au médecin.
VI
Le coeur déchiré par les paroles de sa grand'mère et le ton dont elles étaient dites, Laurence monta dans sa chambre, s'y enferma et pleura.
Que se passait-il? Qu'avait-on dit à madame de Frémilly et que pensait-elle? Jamais elle n'avait été pour sa petite-fille si cruelle et si dure.
Pourtant, elle ne devait plus croire aux sottises de ce médecin. Elle savait bien que Laurence était innocente de ce dont on l'accusait. Quoi, alors? Quoi? La malheureuse jeune fille se perdait en conjectures.