Et une horreur glaça la pointe de ses cheveux.

Elle comprenait le drame intime qui venait de se dérouler entre les deux femmes et dont elle seule connaissait les causes.

Et elle se demanda ce qu'elle allait faire.

Madame de Frémilly, qui l'observait, pensa:

—Elle a tout deviné. Ah! il est temps de partir!

Elle était convaincue que cette femme, qui leur devait tout, ne trahirait pas leur secret: mais que deviendraient-elles si d'autres qu'elle au château l'apprenaient?

Noémie restait terrifiée et tragique à la pensée des souffrances morales qui allaient s'abattre sur ces deux créatures et par la faute de l'homme qu'elle haïssait et méprisait et dont elle était devenue l'exécrable complice.

Et elle cherchait en son esprit effaré s'il ne lui serait pas possible de réparer le mal fait, et dont son âme horrifiée pressentait les épouvantables suites.

Et comment?

Parler, dire ce qu'elle savait, ce serait peut-être aggraver la douleur des malheureuses femmes en leur apprenant que l'auteur du crime, le père probable de l'enfant que mademoiselle de Frémilly portait sûrement en ses flancs était un misérable pour lequel elles ne pouvaient avoir toutes les deux que du dégoût et qui ne pouvait leur offrir aucune réparation.