Leur dire cela, c'était enfoncer plus avant le poignard planté déjà au milieu de leur coeur.

Se taire, c'était prendre une part de l'abominable action, accepter avec l'être immonde une complicité cent fois plus horrible encore peut-être que celle à laquelle elle avait eu l'abominable faiblesse de consentir.

Et la coupable femme restait avec ce point d'interrogation formidable:
Que faire?

Et elle était déchirée par cette atroce perplexité, elle qui aurait donné sa vie pour épargner même l'ombre d'un chagrin à celles qui avaient accueilli son fils.

Elle allait les voir se débattre devant elle, agoniser de douleur sans oser leur venir en aide et les soulager, elle qui seule peut-être aurait pu le faire.

La situation était terrible, et Noémie demeurait devant elle dans une sorte d'hébétude tragique, ne pouvant se résoudre à rien, ne sachant de quel côté était pour elle le devoir.

Cependant Laurence avait fait un mouvement.

Elle promena autour d'elle ses regards étonnés, vit sa grand-mère,
Noémie et parut se souvenir.

Alors on vit comme une horreur au fond de ses yeux, et un tressaillement agita son corps affaibli et délicat.

Madame de Frémilly, tremblant qu'un mot imprudent ne sortît de ses lèvres devant une étrangère, dit à Noémie.